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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 11:00

 

A ce stade, il y a quand même une réflexion à se faire sur les relations humaines. 

 


Comment se fait-il que, dans nos valeurs, nous plaçons – pour la plupart -  les relations d'amitié, familiales et amoureuses comme à l'avant-plan de nos priorités; et que dans les faits nous le montrons si peu?


On passe du temps à travailler, se déplacer, manger, dormir, nettoyer, fumer, attendre, se faire du souci, aller au marché, écouter de la musique, ranger, arranger, régler, lire, regarder la télé, faire du sport, s'ennuyer, se poser mille et une questions sur la vie... Et si peu de temps à dialoguer.


On ne se parle pas. On se frôle, on se devine, on s'imagine, on s'hallucine, on s'évite, on se cache, on se retranche. Mais on ne se touche pas. Surtout pas. On a peur de souffrir? On a peur.


L'homme dispose d'une batterie exceptionnelle de moyens, de stratégies et d'outils pour s'empêcher d'être lui. En contact avec les autres, il se retranche. Se coupe de soi. Parce qu'il a peur de souffrir. Il a peur.

  

     

   

Ouvrons ici une parenthèse digressive pour nous pencher sur le cas du crabe. A part vivre dans l'eau (mais pas toujours et on s'en fout), le crabe est un animal qui possède une carapace et des pinces, marche de travers et se fond dans les rochers.


La carapace sert à se protéger des agressions extérieures.


Sa démarche en biais le rend imprévisible, insaisissable.


Ses pinces accrochent et coupent.


Et de même que les rochers dans lesquels il se dissimule, il semble invulnérable, inattaquable, inébranlable.


Pourtant - et si vous avez déjà mangé un crabe dans sa coquille vous serez d'accord avec moi - cet arsenal de guerre ne protège en réalité qu'un fragile coeur de chair. Fondant et délicat au palais, doux aux papilles, subtil sur la langue. Un coeur de chair.

     

      

   

L'homme est pareil. Il se construit des carapaces, se cache derrière des rochers imaginaires, avance en quinconce pour éviter d'être surpris et peut se montrer capable, à l'occasion, de sortir griffes et pinces pour broyer ce qui le met en danger. Mais quitter son nid de pierre, laisser ses pinces et avancer droit au but avec son coeur de chair pour unique carapace... Ça il ne sait pas.


Parce qu'il a peur de souffrir. Parce qu'il a peur.


Et il vit détaché de lui-même, enfoui sous ses rochers, ses pinces et ses carapaces.

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commentaires

M
Et c'est vrai qu'il est bien plus dangereux de dire OUI et JE VEUX que de se confondre avec les rochers de son existence. Et pourtant "that's what life is made of"! 
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