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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 23:00

 

Premier soir dans mon palais du lac. Travail de mémoire à faire. Absorber, digérer, régurgiter les dernières semaines. Reprendre pied. Retrouver non qui je suis mais qui j'ai été, ce que j'ai dit, ce que j'ai fait.


Beaucoup de trous noirs, black-out complet.                


Déblocages en tous genres, sans jamais, jamais, avoir eu l'impression de n'être qu'au plus proche de moi.


J'ai perdu beaucoup à ce jeu de la drogue et des nerfs. Mais ce que j'ai gagné est infiniment plus précieux, plus solide et profond, bien plus important que ce que j'ai perdu.


La certitude que je ne suis pas seule à prendre soin de moi. Parce que dans la course, il y a aussi M*, N*, S*, J*, C*, V* et toutes les lettres de l'alphabet au moins. 


      

 

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 22:00

A quelques heures de quitter ma tour dorée, j'essaie de faire un petit point de situation. Trois semaines hors du temps. Souvent dans le brouillard. Avec quelques notes d'espoir, pas mal de progressions. Des messages d'espoir et un peu de couleur. 

Ce soir j'ai passé un super moment avec quelqu'un de qualité, que jamais je pense je n'aurais eu l'occasion de (re-) connaître autrement. Je me sens chaque jour plus moi-même - qui était cette moi-même? Aurai-je envie de redevenir, en tous points, celle que j'étais avant une fois l'aventure terminée?

 

Trois semaines riches de tout ce que cette expérience pourra m'apporter.
Trop riche peut-être par certains aspects. Je ne sais ce soir si je me sens trop vide ou trop pleine. 
 

 


Ce dernier soir, certes il est revenu. Et il est reparti. Comme il était arrivé. Une apparition.


C'est aussi ce qui fait le sel de la vie.  
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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 20:00

Les jours passent, apportant avec eux invariables et mêlées, joie et tristesse. Joie d'abord, parce que je descends demain de mon donjon au 14e étage pour un palais scintillant au bord du lac.

Tristesse ensuite parce que mon chevalier de la nuit qui me remonte le moral depuis des semaines peine à placer ses pions pour gagner la bataille.

 

Les gens heureux ont probablement aussi une histoire. Ils ne prennent simplement pas la peine de la raconter.

 

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 17:00

(tout est véridique!)

-       les livres déjà lus, prêts à être rendus à la bibliothèque sur la commode du salon (P*)
-       le manuel "le chinois pour débutants" (G*)
-       les chocolats "célébration!" (M. et Mme C*)
-       ...
-       ...

Et un spécial chapeau d'honneur quand même pour... la brosse du chat! Félicitations M*!  

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 20:00

Y'a un type, trop drôle. La première fois qu'il m'a vue, c'était en robe de mariage (pas le mien, j'y étais en qualité de témoin). La deuxième fois, c'était en chemise d'hôpital.

Il est repassé aujourd'hui sans prévenir et j'étais absente. Il m'a laissé un petit mot sur la table de nuit... juste là où traînait une pub pour des sous-vêtements (où j'avais pris soin de noter: le nom du magasin, ma taille, le type désiré etc... pour que ma maman puisse aller me les acheter à ma place, vu que moi, ces jours... bon).

"Mince!" je me dis. "Il ne m'a encore jamais vue en 'normale' et il connaît déjà tous mes goûts en matière de sous-vêtements!"

 

Ce à quoi mon frère, bien plus versé que moi en psychologie masculine, me répond: "Oaf tu sais, en même temps c'est un mec. Dans le genre compas dans l'oeil... A mon avis il a rien remarqué!"

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 19:00

N* l'infirmière à ma nouvelle voisine de chambre complètement désorientée, qui la sonne en boucle depuis son retour du bloc cet après-midi: "Ça va Madame, qu'est-ce que vous faites suspendue à cette petite sonnette depuis tout-à-l'heure? Vous vous amusez bien?" :-)

 

Il faut dire aussi que depuis le début de l'après-midi, Mme K*, vieille cinglée de son état dans le sens le plus pur du terme, refuse de comprendre ce qui lui arrive et veut à tout prix rentrer chez elle, malgré les milliers de fils (et une fracture de la hanche...) qui la retiennent à son lit: elle pense qu'elle a fait une erreur en louant cette maison de vacances et veut rentrer chez elle.

Elle nous a donc fait la danse de Saint-Guy tout l'après-midi, à tel point qu'au moment de quitter son service, l'infirmière N* me glisse un clin d'oeil en me disant: "Bon ben... bonne nuit!" 

 

Et effectivement... elle fut excellente! 
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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 18:00

Aujourd'hui, révélation fracassante (encore). Des années de thérapie pour certains, à peine 3 semaines d'hôpital pour moi (j'ai toujours été rapide, mais bon). Après de multiples conversations et réflexions sur le thème du chaudronnage (mes amis qui connaissent M*, "le planificateur" comprendront), j'ai décidé de, bêtement, me rappeler qu'il est important de vivre, aussi, l'instant présent. Con hein? Et pourtant si facile à égarer dans les méandres de sa mémoire...

 

Du coup, STOP sur les plans sur la comète pour les 30 prochaines années avec tout l'éventail de scénarios possibles et imaginables, les stratégies pour répondre aux difficultés éventuelles et les angoisses prématurées y relatives parce que quand même... et si... et quoi... et bli bli et bla bla.

Je n'obtiendrai peut-être pas plus de succès qu'avant, mais éprouverai probablement moins souvent ce sentiment cuisant de l'échec-grosse-baffe-pathétique-dans-la-gueule (que je prends d'ailleurs généralement avec bonne humeur, note)... Tout ça parce que j'aurai juste voulu brûler les étapes!

 

MERCI LE CHUV DE M'APPRENDRE LA PATIENCE!

 

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 07:00

Hier soir vers 22h est arrivée une petite grand-maman. Toute la nuit elle a appelé à l'aide, crié de douleur et vômi. Je la découvre ce matin au moment d'aller aux toilettes. C'est con, moi qui déteste tant les vieux – endémiques d'une société de soins et d'assurances, parasites qui refusent de laisser leur place aux jeunes au point de nier leur capacité à participer pleinement au monde "normal", dont les pépins à répétition font exploser le coût de la prévoyance sociale et sanitaire et les retraites ponctionnent le salaire de ceux qui se démènent pour pouvoir bosser et gagner leur croûte tout seuls. Elle m'a émue.

Toute petite au fond de sa cage blanche, elle avait ce regard perdu de ceux qui ne comprennent pas vraiment ni ce qu'il leur arrive, ni ce qui se passe autour d'eux. Probablement la même tête que moi il y a 3 semaines.

Et tout au fond de moi, ma petite flamme du berger, mini-lampe tempête dont j'avais oublié l'existence, pour la première fois depuis longtemps je crois s'est remise à s'animer. Un tout petit peu. A peine.

Mais suffisamment pour me chauffer depuis le fond de mes entrailles. Et cette fois-ci, au lieu de passer à côté tout droit du haut de mon indépendance sur béquilles toute fraîche, je me suis approchée d'elle et lui ai pris la main.

Je me suis présentée et lui ai un peu parlé.
 

Bonjour Madame. Je m'appelle C*, je suis votre voisine. Moi j'ai le genou cassé et vous?


Elle m'a posé quelques questions, s'est désolée sur mon histoire.

C'est bête mais j'ai eu l'impression furtive qu'elle était un peu plus rassurée. D'avoir quelqu'un à côté d'elle. Une sorte de présence immanente pour les prochains jours. Et que d'avoir pu pour quelques instants se détourner de ses propres malheurs lui avait fait du bien.

Et les médecins sont arrivés. Puis les infirmières. Et elle s'est remise à crier, pleurer et vômir.  
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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 23:00

Après un week-end d'un romantisme fou ("il vient lundi! il vient lundi!"), impression que le soufflé retombe quelque peu brutalement avec le retour des travailleurs au boulot.

Pourtant, journée pleine de bonne nouvelles: discussion avec le médecin aboutissant sur la réduction de ces médicaments qui m'arrachent la tête et me mettent le coeur sans dessus dessous; mon indépendance en béquilles proclamée par le physio, avec félicitations du jury qui plus est.

Mais aussi une sorte d'entropie mortifère latente.


Engueulades par SMS et craquages nerveux en cascade, mers de larmes et torrents de boue qui me laissent épuisée en fin de journée pour mon "rendez-vous galant".


Je comprends de moins en moins ce type. Rien n'avance, l'ambiguïté est de plus en plus totale. Pourtant, il a promis de revenir demain ("le mec qui revenait demain?" on dirait un mauvais James Bond...)


Fin de soirée en apothéose, ne me suis jamais sentie aussi vide et froide. Je sais pourtant que tout cela ne vient que de l'intérieur de moi.

Longue discussion avec S* sur internet (les pigeons voyageurs modernes) qui m'aide à éclaircir 2-3 choses.

Dont une qui est sûre. Ni enfer ni paradis, échappée des limbes – pour quelques heures peut-être? – me voici de plus en plus proche de la terre ferme. Ça me fait peur. Sortir du coton, aussi rêche soit-il, n'est pas si facile et j'ai peur de me casser la gueule.

 

Mais comme on dit: "ce n'est pas la chute qui compte, mais l'atterrissage"". Je n'en suis pas encore là.

Et je m'endors en me réjouissant d'une séance bisounours prévue pour le lendemain. Tant qu'on peut se réjouir d'un lendemain c'est qu'on n'est pas au fond. De loin pas.  
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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 13:05
Un peu cynique mais il en faut, et à défaut cela s'acquière vite à l'hôpital: ma voisine fraîchement débarquée qui vômit alors que je chatte sur MSN, et moi qui mets tranquillement mes boules quiès pendant que l'infirmière court à la recherche d'une bassine. 
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