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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 16:00
Aujourd'hui exceptionnellement, pas d'article pour cause de grève. mlle-cassis soutient les personnels soignants et enseignants dans leur cause et en profite pour se coucher tôt. 

 
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 23:14
Je viens de comprendre un truc. Mais quand je dis comprendre... Disons plutôt que je viens de percuter. 

Pourquoi tous les soirs et au moins 1 ou 2 fois par jour je fais des crises de larmes, de plus en plus fortes et de plus en plus agressives? 

A cause de la morphine! 

Au début ça me plaisait, 12x, puis à peine 6x, mais 6x quand même ça reste énorme! J'avais l'impression d'être une grande malade. Que j'avais besoin de faire pitié pour qu'on m'aime. 

Alors que je n'ai rien. Tout est bien fixé, réparé, blindé avec du fer de qualité +++. 

Non, je pète les plombs parce que c'est endémique de moi-même de m'apitoyer. Ridicule. 

Simplement parce que je me suis laissée aculturer par cette société de compétition, cette idéologie qui dit qu'il faut être un gagnant à tout prix. Tout faire par soi-même sinon on n'est qu'un parasite. 

Et parce que c'est l'impression que j'ai, quand je suis sur un lit d'hôpital pour une toute petite fracture de merde. C'est plutôt la fracture de mon coeur qu'il faut traiter. Et à ce stade je crains bien que l'amputation ne soit nécessaire. 

Parce que ça fait cool d'être excessif, de ne pas se laisser faire, de ne pas accepter n'importe quoi comme un mouton. 

ça vous rend malade

Plus capable d'accepter seulement la vie comme elle vient. 

Quand je me plains à une infirmière de ne pas fermer l'oeil de la nuit alors que c'est moi qui m'interdis de sombrer par peur du vide, qui continue encore et toujours au delà de mes forces, ce n'est bien qu'à moi que je dois m'en prendre. Et à ma putain de façon foireuse de fixer les objectifs de ma vie. 

Après avoir pleuré, tempêté, insulté, j'apprends ce soir qu'il est bien plus libérateur de s'excuser et de se concentrer sur son essentiel. 

Je veux de l'amour, de la tendresse... "Des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns"

Mais putain! Donne-les toi tes rêves. Et fais-le! A toi d'être assez forte pour ne pas tomber dans la facilité! 

Je marcherai quand je marcherai. La guitare, j'en jouerai quand j'en jouerai. Merde. Pour l'instant je ne peux pas, j'ai un genou en bouillie et un doigt qui ne plie qu'à demi. Attends déjà d'avoir la possibilité d'en avoir une sur tes genoux avant de te lamenterl  Ici bien sûr à l'hosto je n'ai qu'un lit, et encore il n'est pas suffisamment  à moi pour qu'on ne soit pas toujours en train de le remettre en question! T'as voulu rouler de nuit, sous la pluie, tu savais que tu pouvais mourir. 

Et ton inconscience te donne des heures et des semaines pour faire "ce que tu n'as jamais le temps de faire". Passer du temps avec toi-même, avec tes amis, à bricoler ta vie. C'est le paradis!

Ces plaisirs-là coûtent de la souffrance et de la sueur. J'ai pleuré des rivières, mais j'ai toujours mon coeur et j'ai toujours ma force, et ça, rien ne pourra jamais me l'enlever. 

Même des doses de drogues pour cheval. 

Bien sûr, je passe des moments un peu durs ces temps. J'apprends aussi l'humilité. Par l'humiliation souvent, c'est vrai, mais ça m'apprend à être plus combative, savoir ce que je veux et ne plus le lâcher.  

Faire des demandes, faire des paris. Risquer de m'en prendre plein la gueule. Et de gagner aussi bien plus qu'on ne l'aurait pu imaginer. 

Mettre ma vie en danger, mettre ma santé en danger. C'est rigolo. On se sent vivre! Mais 'faut pas déconner. 

Je veux être follement aimée. Et je le mérite. Parce que je suis quelqu'un de follement aimable. On m'a fait assez de compliments dans le passé et je devrais aussi savoir ce que je vaux. Aujourd'hui j'ai merdé en beauté avec R***. Il m'a dit que je n'étais pas la fille qu'il connaît. Le plus beau compliment qu'il m'ait fait. 
Preuve en est aussi que je ne suis pas la victime hystérique et nombriliste que je me complais à être. 

Je dois juste apprendre à accepter que j'ai besoin d'aide pour certaines choses et que c'est normal. Que c'est normal aussi qu'on me les accorde, non parce que j'ai manigancé pour, mais simplement parce que je le mérite. J'ai voulu qu'on me prenne dans ses bras et on l'a fait. Longuement. J'ai voulu qu'on me tienne la main et on l'a fait. Tendrement. Et je n'ai pas eu à me vendre pour ça. 

J'ai eu assez de preuves d'amour pour croire que je compte un peu pour certains. Que ce n'est pas que de la façade. Mais que pour cela il faut le temps. Parce que les choses se construisent. Et qu'elles ne se construisent pas en un jour. 

Il faut s'accrocher, donner et réellement accorder de la valeur à ce qu'on veut qu'il marche. 


Aujourd'hui j'ai ouvert mon coeur à une personne que j'aime depuis 10 ans, je l'ai fait parce que j'ai cru la perdre et peu importe ce qu'il arrive désormais. Au moins j'ai pu lui dire ce que je ressentais et je n'aurai plus ce sentiment d'inachevé qui me tiraillait les entrailles quand je me forçais à ne voir en lui qu'un objet. 

J'ai pu prendre un ami dans mes bras et lui dire qu'il était important pour moi. 

ça m'a fait du bien et je crois que je n'étais pas seule. Avec un bilan pareil, de quoi se plaindre - même si on ne sait pas quand on disputera la prochaine course de pédalo ou qu'on jouera à nouveau "A Night Like This".

 
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 23:05
J'oubliais qu'aujourd'hui, pour fêter ma deuxième semaine au CHUV, j'ai eu droit à une nouvelle douche!

Moins rigolo que la dernière fois, vu que la pré-stagiaire avec qui on commentait tous les mecs était en congé... Mais j'ai quand même pu me laver les cheveux... et toute seule!!!


   
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 22:05
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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 21:34


Appeler un bon copain avec lequel vous n'avez plus de relation depuis quelques années. Vous mettre d'accord sur le fait de vour rencontrer très vite pour rattraper le temps perdu.


Vos agendas débordent, vous ne pouvez bien sûr coucher tout de suite une date mais prenez rendez-vous pour le faire.

Le lendemain, vous vous faites émietter par une voiture et attendez une semaine pour le prévenir pour voir s'il sera si impatient qu'il vous apellera lui avant.


Hello! Je suis un peu embêtée pour notre rv de cette semaine car je suis au CHUV depuis 1 semaine avec un genou cassé... C'est nul, je me réjouissais... Ne sois pas embêtée, c'est loin d'être important... Par contre ta santé l'est plus. Je t'appelle demain, si ça ne te gêne pas. Bonne nuit.


Le pire c'est qu'il vous rappelle VRAIMENT le lendemain et vous propose – en plus - de venir vous voir à l'hôpital (du jamais vu! mais qui est ce mystérieux inconnu à marier dans la seconde!)

Euh... en fait cette semaine non plus, il n'a pas trop le temps mais peut-être ce soir... Et là malentendu.

Vous avez compris qu'il passerait ce soir.

En réalité c'est plutôt non mais il vous redit si quelque chose se détend dans son emploi du temps.

 

Du coup vous le prenez pour le dernier des goujats de ne s'être pas pointé.

Dimanche soir (une semaine plus tard, vous lui avez laissé plus que le temps de se manifester!), vous réagissez.

Nouvel échange de sms.

Pathétique.  

Vous n'en décrochez pas de la journée. Vous ne comprenez pas. Alors que vous avez passé 1h, hagarde, vous retenant de sombrer à réécrire 100 fois le même sms pour être sûre qu'il traduise l'entièreté de votre pensée, le tout avec des mots lisibles (inconvénient de la morphine, qui a tendance à mélanger les idées dans la tête et les lettres sous les doigts). La violence de ses propos envers vous.

La fureur, la tristesse, la frustration qui vous arrache les tripes. Vous recopiez obsessivement sur votre ordinateur vos échanges de sms depuis 10 jours pour voir où vous avez manqué le coche.

Les lisez et les relisez dans tous les sens.

Quel gros connard.

Les lisez et les relisez, au bord de l'hystérie. 

Et finissez par vous rendre compte de la gravité du délire qui est le vôtre.

Des méfaits conjoints de la drogue, du manque de sommeil et d'un vide affectif sidéral. Il ne vous reste plus qu'une chose à faire. Implorer des excuses pour vous être montrée sous ce jour-là.

Et, contre toute attente, R*** décroche. Vous écoute brailler, hoqueter, déblatérer vos conneries. Ne semble pas effrayé, même après une déclaration à laquelle même vous n'étiez pas préparée. Demande que vous lui donniez des nouvelles dans la semaine.

Et le pire c'est qu'ensuite vous vous sentez en paix, libérée. Il a un don ce mec.  

Merde. 

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 18:04
37°1
tension 100/65
0 cigarettes
5 doses de morphine
 
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 16:59

Fatiguée. Epuisée. C'est vrai que la nuit je ne dors pas. Les premiers jours, ma tristesse me coûtait trop d'énergie.


On m'a aussi donné des pastilles "pour me détendre".

Et puis on m'a apporté mon ordi.

Les premiers soirs je me contentais de relever mes mails, de consulter mes 2-3 sites habituels. Un petit tour sur msn, skype ou facebook.

Et puis j'ai commencé ce blog. Qui me prend finalement beaucoup de temps puisque j'y consacre 3 à 4 heures chaque jour pour rédiger les articles et au moins autant pour les corriger et les mettre en forme.

Et chatter.

Le soir avec des amis.

Toujours ce même plaisir quand l'avatar répond positivement à la proposition de bla bla. Pour une fille abandonnique comme moi, c'est déjà une preuve d'amour. Comme si on me disait "mais oui j'ai du plaisir à avoir de tes nouvelles, je suis prêt à te donner un moment de moil". Quand on voit à quel point c'est difficile pour les gens de trouver 30mn pour vous visiter à l'hôpital, réussir à les choper 1h sur msn c'est un exploit!!!

 

Le chat avec les amis le soir. Le moment le plus sombre de ma journée (après il reste toute la nuit, toujours bien assez longue pour sasser et ressasser ses humeurs noires).

Chatter le soir, c'est LE moment de plaisir. Même si ce n'est pas de la "vraie communication", c'est le moment d'un échange privilégié avec quelqu'un. De lui ouvrir une part de soi qu'il serait impensable d'aborder en face-à-face. Même si on n'en parle pas, je sais des choses sur toi et tu sais des choses sur moi qui nous rapprochent.

 

J'ai pu beaucoup échanger sur ce qu'il m'arrive ces jours. Apprendre à partir des témoignages d'autres. Approfondir même certaines relations.

Mais ces longs moments de bla bla à coeur ouvert me laissent sans force. Trop de charge émotionnelle. Impossible de dormir ensuite. Des musiques qui tournent en boucle dans ma tête. Le besoin de noter, d'analyser, de créer, réaliser, élaborer. Bref tout sauf dormir.

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 16:00

 

abruti

abîmé

amorti

assommé

avachi

brisé

cassé

claqué

courbaturé

crevé

défraîchi

délabré

délavé

écoeuré

écrasé

épuisé

éreinté

esquinté

étourdi

exténué

fourbu

harassé

las

limé

malade

mort

moulu

pompé

roué

râpé

saturé

usé

vanné

vermoulu

vidé

 

Je croyais que c'était les médicaments. En réalité c'est juste mon corps qui dit stop. Mon esprit ne veut pas. Tension.


Quand tes yeux se croisent, que tu t'endors n'importe où, que tes amis n'arrivent même plus à te lire sur skype tellement tu fais de fautes de frappe, peut-être faut-il te rendre compte que tu as franchi une limite, et que bouger un peu dans ton lit et ouvrir un bon coup la fenêtre n'est plus suffisant. 


P**** C*** DORS!




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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 23:06

Ce soir, moral au plus bas. N'ai plus droit à la morphine 12x/jour. Dois me redynamiser, bouger, tout ça. Abandonner ce qui me restait d'estime de moi en tremblotant sur des engins pour grand-mères. 
Adieu aussi mon intimité. Il n'en restait déjà pas beaucoup. Nouvelle voisine de 80 ans. Qui se lamente de ses problèmes de prothèse. De ses insomnies. Alors qu'elle ronfle depuis 30 mn, arrivée il y a 1h.  
C'est vrai que quand on a la vie derrière soi, le petit bout qui reste est tellement important. 
Quand elle est encore à faire et qu'elle est bousillée d'avance, on s'en fout.

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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 14:00

Ce matin, le moral un peu meilleur qu'hier. Déjà, j'ai dormi cette nuit , et même plutôt bien. Ce matin, grande préparation pour ma première séance de kinetec (sorte d'appareil qui fait plier passivement le genou afin qu'il ne se raidisse pas pendant la guérison de la fracture).

Pour cela il fallait enlever le redon. Le redon c'est un tuyau qu'on place dans les plaies après opération pour éviter la formation d'un oedème. Il conduit le sang excédentaire dans une petite poche accrochée sous le lit (toujours d'un charme fou pour les visites). *

Au moment de l'enlever ça fait quand même un peu bizarre. Quinze centimètres de plastique qui vous glisse sous la peau!

Pendant que le kinetec me déchirait le genou, téléphone de N*** pour annuler sa visite. Elle avait déjà été reportée d'hier, on chatte presque tous les soirs sur Skepe, c'est le seul à qui je me suis vraiment confiée depuis le début de l'aventure. Pas un pour rattraper l'autre.

J'éclate en sanglots. Mon abîme affectif est sidéral. Pas qu'on soit des potes mais dis-moi quel terme tu comprends pas dans  "j'ai besoin que tu viennes me voir"?

 


* A Bamako, j'ai vu des enfants traînant à la main un bricolage de gants d'examens et de bouteille PET. Le redon africain!  
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