Même à moitié vivante, le I-pod continue toujours à tourner. Souvent la nuit pour meubler l'attente.
Je découvre, je trie, je garde, je m'émerveille, je me désole. Il y a de tout sur mon I-pod. De la furie adolescente. Du bric-à-brac piqué sur l'ordi de ma collègue. Un magma sans queue ni tête ramené d'un pays lointain. Le bruit vomitif d'un ancien fiancé. Et de tout ça, chaque jour, une chanson qui se détache des autres. Une mélodie dominante, entêtante, lancinante qui donne le ton à la journée.
A la terrasse, dans le vent, des péripéties, des instants
Qui font que l'on se sent vivant, qu'on aimerait à présent
Aux heures perdues il y a longtemps on aime à penser maintenant
On en sourit et légèrement nos yeux se ferment inconsciemment
J'ai voulu garder les yeux secs et notre vie à contretemps
Les chaises vides, le désarroi d'un hiver qui parle de moi
Du précipice de mes émois et de la vie malgré tout ça
Je laisse cette terrasse derrière moi et avec elle je ne sais quoi
Je la laisse là sans un éclat, sans savoir ce qu'il y a devant moi