Fatiguée. Epuisée. C'est vrai que la nuit je ne dors pas. Les premiers jours, ma tristesse me coûtait trop d'énergie.
On m'a aussi donné des pastilles "pour me détendre".
Et puis on m'a apporté mon ordi.
Les premiers soirs je me contentais de relever mes mails, de consulter mes 2-3 sites habituels. Un petit tour sur msn, skype ou facebook.
Et puis j'ai commencé ce blog. Qui me prend finalement beaucoup de temps puisque j'y consacre 3 à 4 heures chaque jour pour rédiger les articles et au moins autant pour les corriger et les mettre en forme.
Et chatter.
Le soir avec des amis.
Toujours ce même plaisir quand l'avatar répond positivement à la proposition de bla bla. Pour une fille abandonnique comme moi, c'est déjà une preuve d'amour. Comme si on me disait "mais oui j'ai du plaisir à avoir de tes nouvelles, je suis prêt à te donner un moment de moil". Quand on voit à quel point c'est difficile pour les gens de trouver 30mn pour vous visiter à l'hôpital, réussir à les choper 1h sur msn c'est un exploit!!!
Le chat avec les amis le soir. Le moment le plus sombre de ma journée (après il reste toute la nuit, toujours bien assez longue pour sasser et ressasser ses humeurs noires).
Chatter le soir, c'est LE moment de plaisir. Même si ce n'est pas de la "vraie communication", c'est le moment d'un échange privilégié avec quelqu'un. De lui ouvrir une part de soi qu'il serait impensable d'aborder en face-à-face. Même si on n'en parle pas, je sais des choses sur toi et tu sais des choses sur moi qui nous rapprochent.
J'ai pu beaucoup échanger sur ce qu'il m'arrive ces jours. Apprendre à partir des témoignages d'autres. Approfondir même certaines relations.
Mais ces longs moments de bla bla à coeur ouvert me laissent sans force. Trop de charge émotionnelle. Impossible de dormir ensuite. Des musiques qui tournent en boucle dans ma tête. Le besoin de noter, d'analyser, de créer, réaliser, élaborer. Bref tout sauf dormir.