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for my star

Je viens de comprendre un truc. Mais quand je dis comprendre... Disons plutôt que je viens de percuter. 

Pourquoi tous les soirs et au moins 1 ou 2 fois par jour je fais des crises de larmes, de plus en plus fortes et de plus en plus agressives? 

A cause de la morphine! 

Au début ça me plaisait, 12x, puis à peine 6x, mais 6x quand même ça reste énorme! J'avais l'impression d'être une grande malade. Que j'avais besoin de faire pitié pour qu'on m'aime. 

Alors que je n'ai rien. Tout est bien fixé, réparé, blindé avec du fer de qualité +++. 

Non, je pète les plombs parce que c'est endémique de moi-même de m'apitoyer. Ridicule. 

Simplement parce que je me suis laissée aculturer par cette société de compétition, cette idéologie qui dit qu'il faut être un gagnant à tout prix. Tout faire par soi-même sinon on n'est qu'un parasite. 

Et parce que c'est l'impression que j'ai, quand je suis sur un lit d'hôpital pour une toute petite fracture de merde. C'est plutôt la fracture de mon coeur qu'il faut traiter. Et à ce stade je crains bien que l'amputation ne soit nécessaire. 

Parce que ça fait cool d'être excessif, de ne pas se laisser faire, de ne pas accepter n'importe quoi comme un mouton. 

ça vous rend malade

Plus capable d'accepter seulement la vie comme elle vient. 

Quand je me plains à une infirmière de ne pas fermer l'oeil de la nuit alors que c'est moi qui m'interdis de sombrer par peur du vide, qui continue encore et toujours au delà de mes forces, ce n'est bien qu'à moi que je dois m'en prendre. Et à ma putain de façon foireuse de fixer les objectifs de ma vie. 

Après avoir pleuré, tempêté, insulté, j'apprends ce soir qu'il est bien plus libérateur de s'excuser et de se concentrer sur son essentiel. 

Je veux de l'amour, de la tendresse... "Des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns"

Mais putain! Donne-les toi tes rêves. Et fais-le! A toi d'être assez forte pour ne pas tomber dans la facilité! 

Je marcherai quand je marcherai. La guitare, j'en jouerai quand j'en jouerai. Merde. Pour l'instant je ne peux pas, j'ai un genou en bouillie et un doigt qui ne plie qu'à demi. Attends déjà d'avoir la possibilité d'en avoir une sur tes genoux avant de te lamenterl  Ici bien sûr à l'hosto je n'ai qu'un lit, et encore il n'est pas suffisamment  à moi pour qu'on ne soit pas toujours en train de le remettre en question! T'as voulu rouler de nuit, sous la pluie, tu savais que tu pouvais mourir. 

Et ton inconscience te donne des heures et des semaines pour faire "ce que tu n'as jamais le temps de faire". Passer du temps avec toi-même, avec tes amis, à bricoler ta vie. C'est le paradis!

Ces plaisirs-là coûtent de la souffrance et de la sueur. J'ai pleuré des rivières, mais j'ai toujours mon coeur et j'ai toujours ma force, et ça, rien ne pourra jamais me l'enlever. 

Même des doses de drogues pour cheval. 

Bien sûr, je passe des moments un peu durs ces temps. J'apprends aussi l'humilité. Par l'humiliation souvent, c'est vrai, mais ça m'apprend à être plus combative, savoir ce que je veux et ne plus le lâcher.  

Faire des demandes, faire des paris. Risquer de m'en prendre plein la gueule. Et de gagner aussi bien plus qu'on ne l'aurait pu imaginer. 

Mettre ma vie en danger, mettre ma santé en danger. C'est rigolo. On se sent vivre! Mais 'faut pas déconner. 

Je veux être follement aimée. Et je le mérite. Parce que je suis quelqu'un de follement aimable. On m'a fait assez de compliments dans le passé et je devrais aussi savoir ce que je vaux. Aujourd'hui j'ai merdé en beauté avec R***. Il m'a dit que je n'étais pas la fille qu'il connaît. Le plus beau compliment qu'il m'ait fait. 
Preuve en est aussi que je ne suis pas la victime hystérique et nombriliste que je me complais à être. 

Je dois juste apprendre à accepter que j'ai besoin d'aide pour certaines choses et que c'est normal. Que c'est normal aussi qu'on me les accorde, non parce que j'ai manigancé pour, mais simplement parce que je le mérite. J'ai voulu qu'on me prenne dans ses bras et on l'a fait. Longuement. J'ai voulu qu'on me tienne la main et on l'a fait. Tendrement. Et je n'ai pas eu à me vendre pour ça. 

J'ai eu assez de preuves d'amour pour croire que je compte un peu pour certains. Que ce n'est pas que de la façade. Mais que pour cela il faut le temps. Parce que les choses se construisent. Et qu'elles ne se construisent pas en un jour. 

Il faut s'accrocher, donner et réellement accorder de la valeur à ce qu'on veut qu'il marche. 


Aujourd'hui j'ai ouvert mon coeur à une personne que j'aime depuis 10 ans, je l'ai fait parce que j'ai cru la perdre et peu importe ce qu'il arrive désormais. Au moins j'ai pu lui dire ce que je ressentais et je n'aurai plus ce sentiment d'inachevé qui me tiraillait les entrailles quand je me forçais à ne voir en lui qu'un objet. 

J'ai pu prendre un ami dans mes bras et lui dire qu'il était important pour moi. 

ça m'a fait du bien et je crois que je n'étais pas seule. Avec un bilan pareil, de quoi se plaindre - même si on ne sait pas quand on disputera la prochaine course de pédalo ou qu'on jouera à nouveau "A Night Like This".

 
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M
Ce n'est pas ta star qui te répond ici (où peut-être pourrais-je prétendre au titre de "little star", mais c'est en oubliant une forte dose de modestie alors on oublie).Tout ça pour te dire que plus que n'importe quel autre, ce message m'a beaucoup touché. Et que finalement la morphine t'a laissé beaucoup plus de lucidité que ce que tu dis."Crises de larmes agressives", "fracture du coeur", ou simplement "malade", quoi de plus normal après tout, quand on vit ce que tu vis. 3 semaines à l'heure où j'écris ce message, que ta vie est entrée comme dans une sorte de parenthèse. Où tu es coupée du monde. Où tu n'as affaire qu'à "ton" propre monde.Et qu'est ce que ça doit être difficile de n'avoir plus à se préoccuper que de ses propres histoires. Plus courses, ou de lessives à faire ou même d'aller voir des gens puisque ce sont eux qui viennent à toi. Rien qui ne t'évite la rencontre fatale avec... toi-même.Mais peut-être aussi une chance?Quand j'avais été hospitalisé il y a 4 ans (et ce n'était que pour 2 semaines), j'en étais ressorti très fragilisé, mais également déterminé. Fragilisé parce que pour moi aussi, tout s'était arrêté trop soudainement. Fragilisé surtout par cette pensée qui me fait encore froid dans le dos "et si tout s'était arrêté définitivement?". Et ce constat à l'époque, que je n'aurais pas voulu que ça se termine à ce moment là de ma vie, où, trop stressé, trop encombré dans ma vie de trucs inutiles, je n'aurais pas eu l'impression d'avoir vraiment profité de la vie.Fragilisé donc par cette profonde remise en question de ma vie, mais également déterminé à changer. Changer tout ce qui n'allait pas. Pour pas regretter le jour venu de n'avoir pas profité de la vie, de n'avoir rien fait pour changer.Et crois-moi, la vie pour moi a changé. Pas en un jour, il a fallu plusieurs semaines pour que j'observe un réel changement, mais il s'est bien opéré. Et je me suis véritablement épanoui depuis. Parce qu'un jour j'ai eu à reconnaître mes faiblesses, et que j'ai décidé de ne garder que ce qui allait dans ma vie, et de changer tout ce qui n'allait pas. Et aussi parce que j'ai eu de la chance d'avoir des gens qui m'y ont aidé.Loin de moi l'idée de comparer ma vie et mes expériences avec ce que tu vis en ce moment. Ca, seule toi, tu peut le ressentir. Mais pour te dire que c'est peut-être une certaine "chance" que cet accident t'a donné, de rentrer dans le fond de questionnements que ton inconscient aimerais oublier.Je sais pas, il est tard et j'ai déjà beaucoup écrit, donc je ne suis peut-être plus très cohérent, mais j'ai comme l'impression que ce que tu as écrit dans ce post, était une sorte d'appel au secours à toi-même et en même temps une certaine détermination à reprendre certaines choses de ta vie en main. Et là je retrouve la Cécile combative et organisée que je connais. Et ça me fait plaisir. Pour toi.J'en ai beaucoup dit, peut-être beaucoup trop, peut-être complètement à côté, en tous cas sache qu'on sera là, moi, tes parents, tes amis, parce qu'on t'aime, et parce que comme tu le dis si bien, tu es une fille aimable.Et ne laisse jamais quelqu'un prétendre qu'il vaut plus que toi, pour quelque raison que ce soit. Ta valeur est comme toi, infinie. Tu es remplie de qualités, et tes doutes et incertitudes, justement font ta valeur, tout comme ta détermination! Et je me souviendrai toujours de ce que tu m'avais appris il y a des années de cela, quand j'avais des problèmes avec mes camarades de classe: "si quelqu'un te traite de con, ignore-le, il ne mérite même pas de connaître".Alors ignore les gens qui ne méritent pas de te connaître, fais de la place à ceux qui au contraire ont cette chance, de te connaître, et réalise tes rêves. Pense à tout ce que tu réalisé jusqu'à présent.Et pense à ce que tu aimerais changer. Mais changer pour toi uniquement, par pour les autres et ce qu'ils vont penser. Si tu dois changer quelque chose, ne le fais que si ça a un sens pour toi. Car c'est toi qu'on aime, et pas un quelconque stéréotype à qui tu "devrais ressembler"Ton frère qui t'aimePS1: c'est un message très perso, si tu ne veux pas le publier, je comprendrai tout à fait.PS2: si tu m'enguirlande comme quoi je n'ai rien compris, je me souviendrai de ce que tu m'as dit: c'est la morphine :-)PS3: Bisous 
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