Grâce à une excellente éducation protestante, j'ai toujours su que ce ne sont pas les choses qui rendent les gens heureux mais ce que les gens décident d'en faire.
Cela m'est revenu de plein fouet dans les dents à l'hôpital. Le gaspillage – matériel et humain. Tout passe à la poubelle, l'être n'existe plus. La vie se transforme en succession d'actes médicaux aussitôt remisés dans des sanibox stériles. Tout ce qui fait la vie, tout ce qui dépasse, est évacué sans état d'âme. Alors que c'est justement l'âme qui est dans tous ses états...
Devant cette absence, ce déni, ce refus de l'humanité, j'ai voulu plus que jamais m'affirmer comme une personne. Comme vivante. Là, tout de suite!
Et j'ai eu ce que je voulais. Beaucoup de larmes et quelques bons fous rires. Des effleurements de main, des frôlements de coeur. Toute la ruguosité de l'humain qui s'attache et se détache, se rapproche et s'évite, se frotte et se blesse, s'enlace et s'agrippe, se lâche et se rattrape.
Aujourd'hui, isolée plus que jamais mais reliée au monde par la magie internet, j'échappe aux limbes et m'ancre. De plus en plus. Retour.
Ni enfer ni paradis, je suis bientôt sur terre et n'en déplaise à A*, M*, T* et tous les autres qui ne croient pas en moi, de la force putain... vous allez voir!